5ª
CATÉCHÈSE - COMMENT SERVIR LES PAUVRES AUJOURD’HUI SELON LE CHARISME
VINCENTIEN
Lecture de la Conférence de Sœur Marie Yionide, Fdlc, (11 Août 2000; p.69-73, du livre “À la porte du troisième millénaire)
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OBJECTIF:
Découvrir avec la lecture de la conférence de Sœur Marie Yonide, comment servir les pauvres aujourd´hui selon l´esprit de Saint Vincent de Paul . |
"Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. (...) Sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture, puis il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture…" (Jean 13,1-5).
Voilà l’idéal absolu du service: le Fils de Dieu qui se met à genoux devant les hommes pour laver leurs pieds. Lui, le Seigneur, manifeste sa gloire sous une forme toute contraire aux pensées des hommes: il choisit d’être au milieu de nous comme celui qui sert. Il nous aime ”jusqu’au bout”: un vrai service ne peut pas naître seulement d’une froide logique, d’une conviction qu’il faudrait faire quelque chose. Toutes ces choses peuvent nous aider, naturellement, mais un vrai service c’est un service d’amour, de passion des hommes et de leurs problèmes.
Etre
serviteur ce n’est pas une simple activité, mais c’est une « attitude
globale », qui engage toute notre personnalité. On est serviteur... ou
non. Cela dépend de notre regard avec lequel nous observons le monde autour de
nous et surtout les autres personnes. Si
quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur, et si
quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.
C’est ainsi que le Fils de l’Homme est venu non pour être servi, mais pour
servir et donner sa vie en rançon pour la multitude (Mt 20,26-28).
Mais « savoir servir » - cela signifie aussi: « savoir accueillir le service des autres ». Parfois nous nous croyons capables de sauver le monde – nous seuls: c’est une grande illusion! Nous avons besoin d’autres gens, de leur aide, de leur service – comme le Seigneur a accepté l’aide de Simon de Cyrène.
2.
TROIS ATTITUDES
Imaginons maintenant trois personnes qui nous parleront de leur attitude. Qu’est-ce que t’en penses?
Monsieur A
- Il n’y a personne dans ce monde qui soit si pauvre comme moi.
- Aidez-moi, donnez-moi d’argent, mais ne me proposez pas de travailler parce que je suis trop fatigué et je veux garder ma liberté absolue.
-Vous me dites de ne pas boire l’alcool, mais vous ne comprenez pas que je me sens malheureux et que j’ai besoin d’une consolation.
Monsieur B
- Laissez-moi tranquille, ne me demandez pas d’aider ces vagabonds, c’est leur faute s’ils se trouvent dans cette situation.
- Chaque un devrait savoir se débrouiller dans la vie et si quelqu’un ne le sait pas, c’est un maladroit et je ne dois pas l’entretenir.
- Je ne demande jamais l’aide, je ne dérange personne, alors ne me dérangez pas!.
Monsieur C
- Cette pauvreté dans le monde d’aujourd’hui, c’est vraiment terrible, quand je vois ces pauvres, je sens une forte douleur au cœur
- J’ai publié plusieurs articles dans le journal intitulés « Aidons-les » pour attirer l’attention des gens, j’en ai parlé aussi avec mes amis…
- Il faut absolument faire quelque chose! Politiques, prêtres, autres... mettez-vous au travail!
Avec quelle attitudes tu t´identifies? Qu-est ce que tu penses en lisant le texte du Monsieur C? Est-ce qu’il t’arrive, quelques fois, de penser comme lui?…
Il est si facile de parler de service! Répéter sans cesse que « les autres » doivent faire quelque chose et rester au niveau de déclarations, initiatives qui ne sont jamais réalisées...
Parfois ce danger peut assumer une forme « bien organisée »:
3.
LA PARABOLE DES JEUNES ORGANISES
Un
homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits:
ceux-ci, après l’avoir dépouillé, roué de coups, s’en allèrent en le
laissant à moitié mort. Mais un groupe de jeunes organisés qui était en
voyage, arriva près de lui. Les jeunes ont décidé qu’il fallait l’aider:
ils sont revenus chez eux et ils ont convoqué un comité avec quatre
commissions (cinq membres chacune). On a préparé des belles affiches et on y a
écrit: „Aidons le pauvre!” et on a organisé une session pour présenter le
cas aux habitants du quartier. Quelqu’un a proposé de demander une subvention
de l’UE, mais une personne raisonnable a constaté qu’on perdrait trop de
temps, alors on y a renoncé et en retour on a commencé à demander des médicaments
et pansements à tous les pharmaciens de la ville. A la fin on était bien préparé:
10 kilo de médicaments et une belle voiture de la station de radiodiffusion qui
allait présenter une audition „Un aide modèle”. Les jeunes avec les
journalistes sont partis pour retrouver l’homme qui avait besoin de leur aide.
Mais quand ils y sont arrivés, c’était trop tard: l’homme était mort.
4. DES QUESTIONS POUR LA RÉFLEXION PERSONNELLE
Faites-vous une question important, faites-la au niveau personnel et au niveau de votre groupe JMV:
Quand avons-nous servi concrètement un pauvre/des pauvres?… Comment?… Etait-il un vrai service chrétien?…
Quelles sont les proportions entre les paroles sur le service que nous disons, lisons... et le service que nous réalisons avec nos mains?…
Comment préparons-nous afin que notre service soit adapté aux exigences de nos temps?…
Le Seigneur ne te demande pas d’aider tous les pauvres du monde, de résoudre chaque difficulté de l’humanité: il veut que tu aide ce pauvre concret que tu vois chaque jour: ton voisin, cette femme agée qui tremble avant de traverser la rue: ce sont TES pauvres.
Tu sais bien qu’on peut aider des pauvres... aussi dans une ville riche, dominée par „la recherche de l’efficacité, le relativisme, l’individualisme (M. J. Elizondo). Avant de proposer aux autres „un « service chrétien » nous devons nous demander si notre manière - pas seulement d’agir, mais aussi de penser, de ”voir le monde” – est vraiment chrétienne. Quelle est la source de notre vision du monde?
La prière, la Parole de Dieu, ou bien seulement la télévision et les revues?…
« Ce n’est qu’à partir de la rencontre avec le Christ que vous pourrez le présenter aux pauvres. Dans le cas contraire, votre service ne serait ni chrétien, ni vincentien ».
Mais après avoir constaté que notre point de vue sur la vie rassemble celui du Seigneur regardons si notre vie quotidienne corresponde à ces idéaux: ne limitons-nous pas à protester contre l’euthanasie, mais demandons-nous si notre grande-mère abandonnée ne se dit parfois: ”je préférerais mourir!” Un homme accepté, aimé ne veut pas mourir!
Et pour terminer, regardons celle qui est par excellence la Servante du Seigneur, la Vierge Marie. Toute sa vie est un grand service de Dieu et des hommes: elle aide Elisabeth, elle sert à la maison de Nazareth, elle aide les nouveaux mariés de Cana, elle est présente aux pieds de la croix... sans bruit, sans parler beaucoup, elle EST LA, avec deux mains prêtes à servir et avec un grand cœur d’une Mère qui comprend les besoins des autres.
5. PRIÈRE
O Marie, toi, qui comprends notre perplexité devant si nombreuses difficultés de la société d aujourd’hui, enseigne-nous à servir d’une manière efficace et concrète, aide-nous afin que notre service soit vraiment une imitation de ton Fils, Serviteur des Pauvres. O Vierge du Silence, enseigne-nous à ne pas chercher un applaudissement des autres, mais seulement le bien de ceux qui ont besoin de nous. Aide tous les JMV du monde qui veulent te suivre en répondant aux signes des temps avec notre service et notre attention à toutes les nécessités de notre milieu.